Entretien avec Frédéric Paulin (première partie)

Couv Le Guerre« Je suis un auteur politique », affirme Frédéric Paulin. Né en 1972 à Bussy-Saint-Georges, en Seine et-Marne, cet écrivain qui voulait être dessinateur de bandes-dessinées quand il était enfant, vit depuis plus de vingt ans à Rennes. Encouragé par sa compagne qui lit ses premiers manuscrits, il compte désormais à son actif plus d’une dizaine de livres parus depuis 2009, sans compter quelques romans de gare publiés sous pseudonyme. Mais c’est véritablement avec sa trilogie amorcée en 2018 avec la parution de l’excellent La Guerre est une ruse (Agullo, 2018) que le talent de l’écrivain rennais prend pleinement sa mesure.

Frédéric Paulin a vingt ans quand il voit à la gare de Rennes le portrait de Khaled Kelkal, membre du Groupe islamique armé (GIA), responsable de la vague d’attentats commis en France en 1995. Comment ce gamin intelligent qui, trouve-t-il, lui ressemble, a pu se transformer en terroriste ? La question va hanter l’écrivain et déclenchera trente ans plus tard l’écriture d’une monumentale fresque géopolitique et historique publiée en trois parties chez Agullo. « D’autres auteurs veulent parler de serial killers au fin fond de l’Alabama, pas moi », confie l’écrivain [1].

Quand il commence à écrire ce qui deviendra une véritable somme romanesque, Frédéric Paulin traverse une période d’insomnie après la naissance de son deuxième enfant. Dans son bureau, sombre et en désordre, installé dans son grenier, il écrit, sur un vieil ordinateur dont l’écran fonctionne mal, une première version du texte de plus de 1 700 000 signes.

L’écrivain pense y piocher la matière pour plusieurs livres. C’est à ce moment-là que Sébastien Wespiser, co-fondateur des éditions Agullo, qui a aimé son roman Le Monde est notre patrie (Goater, 2016), lui propose de publier son livre, ou plutôt ces livres, car le manuscrit, retravaillé avec le concours de l’éditrice Estelle Flory, débouchera sur pas moins de trois romans : le premier tome, La Guerre est une ruse, replonge les lecteurs dans la « sale guerre » que l’Algérie a livrée au terrorisme islamiste au début des années 1990.

Dans le deuxième volume, Prémices de la chute, publié en mars 2019, l’action se déplace dans les Balkans et l’Afghanistan pour se concentrer sur la genèse des attentats du 11-Septembre, Al-Qaeda et la figure du terroriste Zacarias Moussaoui. Le troisième tome, prévu pour 2020, explorera la naissance de Daech et se terminera sur les attentats perpétrés sur le sol français en 2015.

Portrait d’une étoile montante du polar récompensée par le prix des lecteurs Quais du polar – 20 Minutes, qui, avec sa trilogie, marche dans les pas des géants James Ellroy et Don Winslow.

Parlons du choix de titre du premier opus de votre trilogie : le titre de travail était Al Harb Khoudaa, en référence à un hadith du recueil de Boukhari (livre 52). Vous avez découvert cette expression (traduite par « la guerre est une ruse ») dans la bouche de Mohammed Merah, en 2012, lors de son échange avec un négociateur de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur, ex-DGSI), alors que le terroriste était assiégé par les hommes du RAID. Vous le citez explicitement en épigraphe. Choisir La Guerre est une ruse comme titre, était-ce une provocation délibérée de votre part ?

1Non, évidemment il ne s’agissait pas d’une provocation. Citer cette phrase et l’attribuer à Mohamed Merah en incipit était une façon de signifier qu’il se trompait, qu’il dévoyait le Coran et les hadiths et le Sahîh d’Al-Bukhârî. Mais je ne suis pas un spécialiste du Coran et je ne veux pas m’engager sur ce terrain. Quoi qu’il en soit je n’ai jamais eu l’intention de glorifier la parole d’un Merah ou d’un djihadiste, ce n’était pas mon intention. Je suis clair avec ça, d’ailleurs de nombreux lecteurs m’ont dit qu’à la lecture du livre, il ne comprenait pas qu’on puisse me considérer comme un zélateur ou un provocateur à cause de ce titre. D’ailleurs, à bien y réfléchir, toute guerre est une ruse, un mensonge, que l’on soit un terroriste ou un général d’une armée constituée.

La Guerre est une ruse et Prémices de la chute reposent entièrement sur les personnages, constamment sous tension, et les dialogues, redoutablement efficaces. L’absence de descriptions fait que les deux premiers tomes de votre trilogie se lisent très rapidement. Le lecteur n’ignore rien des pensées des personnages. La tension vient justement non pas de ce qui est dissimulé (« Que va faire le personnage ? ») mais de ce que l’on sait d’eux, leurs névroses, leurs psychoses, comme dans les romans de James Ellroy. L’auteur d’Underworld USA est-il un écrivain qui compte pour vous ?

Oui, j’aime bien Ellroy. Même si comme lui, je glisse ma petite histoire dans les interstices de la grande Histoire, je ne crois pas être mû par la même névrose. Ellroy cherche quelque chose qui touche à la mort de sa mère dans tous ses romans, je crois. Moi, je cherche plutôt à démontrer la responsabilité de la France dans l’Histoire récente. Et peut-être ma propre responsabilité, d’ailleurs. En tant que citoyen, en tant qu’intellectuel.

Ces deux romans sont écrits au présent. Ce temps verbal s’est-il imposé de lui-même dès le début de l’écriture de vos romans ?

2Mes premiers romans sont écrits au passé. Depuis quatre ou cinq livres, j’écris en effet au présent. Je trouve que c’est un temps plus efficace, qui permet au lecteur de voir les images en temps réel. Peut-être aussi, ça le pousse à s’impliquer davantage dans le récit, et dans la thèse que je développe. Peut-être. Mais c’est surtout un temps avec lequel je suis à l’aise.

« […] c’est ainsi que Bellevue réécrit l’histoire au volant de sa voiture, en tirant sur sa cigarette comme il pénètre dans El Biar. Les choses sont peut-être moins littéraires, en réalité […] », écrivez-vous dans La Guerre est une ruse (p. 52). Vous aimez rappeler les faits, parfois même de manière très brute, et vous y tenir. Vous dites que vous n’êtes pas un styliste, que le style ne vous intéresse pas, que vous êtes un « raconteur d’histoire ». Cependant, la manière de raconter des histoires, n’est-ce pas ce qui fait tout l’intérêt d’un roman ?

3Je ne dis pas que le style ne m’intéresse pas, je dis que j’ai du mal à saisir mon style, plus encore à le théoriser. Je raconte souvent que je ne suis pas un styliste mais avec le succès de ces deux romans, je croise de plus en plus de lecteurs qui me parlent de mon style, qui me disent apprécier mon style. Il faudra bien que j’accepte d’avoir un style, moi aussi ! Et oui, je raconte des histoires, je construits des histoires. Quant à l’intérêt d’un roman, on peut en discuter longtemps. Pour moi, avant toute chose, le roman doit donner à voir le monde, et s’il est bon il doit proposer une grille de lecture de ce monde aux lecteurs. J’écris pour exprimer des idées, dans le meilleur des cas pour révéler des choses cachées ou refoulées, et plus généralement pour activer la mémoire du lecteur. Mais il est certain qu’un bon roman doit avant tout raconter une histoire, faire vivre des personnages, donc le style est important. Sinon, on tombe dans le document, la thèse universitaire, ça peut être pesant.

«  − Je pense que les militaires ont créé le GIA et que leur créature risque de leur échapper », dit Benlazar dans La Guerre est une ruse (p. 240). Et plus loin (pp. 243-245), vous résumez les réflexions de Bellevue : selon l’officier de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure), l’armée algérienne aurait infiltré les groupes terroristes et aurait cherché à impliquer la France pour que l’ancienne puissance coloniale soutienne le pouvoir en place. Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ?

Je ne suis pas le premier à le dire. Je suis peut-être le premier écrivain français à l’écrire mais de nombreux repentis (du GIA mais aussi de l’armée algérienne) et des auteurs et journalistes algériens l’ont dit avant moi. Et lorsque je discute avec des lecteurs algériens (qui ont souvent fui l’Algérie dans les années quatre-vingt-dix), ils me disent que c’est la vérité. L’histoire officielle algérienne refuse cette version mais pour beaucoup d’Algériens, c’est en effet ce qui s’est passé. Petit bémol quand même, je n’affirme pas que toute l’armée algérienne ou tous les dirigeants algériens étaient des manipulateurs du GIA. Mais certains clans ou certains individus de cette armée ou du pouvoir, ont trouvé, à un moment ou un autre, leur intérêt dans cette manipulation.

Vous évoquez p. 324 dans La Guerre est une ruse les relations « hors cadre » de Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, et de ses hommes liges, avec les généraux algériens, dans le contexte de la campagne de l’élection présidentielle de 1995, menée par Édouard Balladur, alors premier ministre. Qu’est-ce qui relève de la vérité ? Qu’avez-vous inventé ?

Je n’invente rien quand je cite des personnages ou des situations ayant existé. Les agissements hors cadre des réseaux Pasqua ont réellement existé et son affrontement avec Alain Juppé sont de notoriété publique.

Dans Prémices de la chute vous écrivez une scène (p. 163 sq.) dans laquelle vous mettez en scène Lionel Dumont, terroriste du Gang de Roubaix. Comment avez-vous abordé l’écriture de cette scène dans laquelle vous faites s’exprimer un personnage qui existe réellement ?

4Lorsque Lionel Dumont s’exprime en prison, en Bosnie, j’ai repris les réponses qu’il a données à Jean Hatzfeld, dans Libération, en 1997. Sinon, je ne le fais jamais parler directement. Dans mes romans, lorsque je fais parler un personnage existant ou ayant existé, je m’appuie toujours sur des enregistrements ou des interviews.

Où se situer, quand on relate une histoire basée sur des faits réels, qu’elle soit fictive ou vécue, par d’autres ou par soi-même : est-ce une question que vous vous êtes posée, celle du point de vue, le vôtre, mais aussi celui de vos personnages, avant ou pendant que vous écriviez ?

5Moi, je postule que les lecteurs sont intelligents. Sinon, je n’écrirais pas les livres que j’écris. C’est à eux de faire la part entre le réel et le fictif. Maintenant, la diversité des personnages permet la diversité de la perspective. Ça permet aussi la multiplicité des points de vue sur une période complexe. Parce que je n’ai pas de réponses à beaucoup de questions que soulèvent ces trente années qui courent du début des années quatre-vingt-dix à nos jours. Je pose des questions. Parfois mes personnages y répondent, souvent ils restent sans réponse. Comme moi.

À la fin du deuxième tome de la trilogie, Benlazar prononce le mot de « prémice » (p. 308) qui donne son titre à votre livre. Voyez-vous ce personnage, central dans votre trilogie, comme une sorte de prophète de la catastrophe à venir ?

Un prophète Benlazar ? Non, je ne crois pas. Ça le ferait marrer, je pense. Le fait qu’il ne parvienne pas à arrêter la machine, à empêcher les attentats, le placerait plutôt dans la fonction du témoin. Du témoin impuissant qui plus est. Tedj Benlazar reste lui aussi souvent sans réponse.

Vous avez écrit une dizaine de romans sous votre nom, publiés aux éditions Goater [2] et à la Manufacture des Livres [3], ainsi que des romans de gare, aux éditions Télémaque, sous le pseudonyme de Sasha Morange. À quel moment pensez-vous avoir trouvé votre propre voix, votre propre langue, votre propre univers ?

6La langue et l’univers d’un auteur évolue en permanence. J’espère en tout cas que c’est mon cas. Finalement un auteur ou une autrice ne sont rien de plus qu’un homme ou une femme qui écrivent ce qu’ils perçoivent du monde. J’espère ainsi que toutes les femmes et tous les hommes, même s’ils n’écrivent pas, s’améliorent en vieillissant. Bon, là, je n’en suis vraiment pas certain… mais on peut l’espérer. En tout cas, plus j’écris et plus j’ai confiance en mon écriture, plus je me sens légitime à écrire.

Éric Orsenna, qui a été nègre littéraire pendant des années, a expliqué que cette expérience s’est révélée être formatrice. Qu’est-ce que votre expérience d’auteur de romans de gare vous a apporté ?

7Lorsque j’écris sous pseudonyme (moi je ne suis pas « nègre » ou rewriter, je fais partie d’un pool d’auteurs qui écrivent un épisode d’une série chacun à leur tour), j’essaye de ne pas me foutre de la gueule du lecteur. Certes, je me documente moins, j’ai moins de temps pour écrire le texte, mais je m’efforce de ne pas sombrer dans la facilité. Ça peut être vu comme un entraînement, ou plutôt comme un match de gala, qui ne compte pas pour le championnat, mais lors duquel il faut combler le public par un beau jeu.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur vos précédents livres ? Lequel a été le plus difficile à écrire et pour quelle raison ? Existe-t-il un lien qui unit toutes vos œuvres ?

8Mes précédents livres qui ne sont pas toujours aussi bons que j’aimerais qu’ils soient, ont le mérite d’avoir fait de moi un écrivain. Ce sont des pierres de l’édifice sur lequel je m’appuie désormais (la légitimité à écrire, dont je parlais tout à l’heure). Le livre le plus difficile à écrire est toujours le dernier, celui qu’on est en train d’écrire. C’est peut-être cette crainte de ne pas trouver son public. Depuis que La Guerre est une ruse a connu ce succès, je ressens cette pression. Mais franchement, c’est du stress efficace, qui motive, qui pousse à se dépasser. Le lien qui unirait tous mes livres, c’est la responsabilité de la France dans le monde tel qu’il est devenu. Il y a sans doute aussi des liens plus enfouis (pour ne pas dire plus psychanalytiques…) : les relations père-fils/fille, les fantômes du passé qui empêchent d’agir normalement au présent, la violence qui peut éclater à tout moment, la peur de la mort. Enfin, un écrivain est un homme comme un autre, il traîne ses casseroles.

À 46 ans, vous avez passé 10 ans dans la peau d’un écrivain. Quel bilan dressez-vous de cette décennie ? Avez-vous le sentiment d’avoir mené à bien vos projets littéraires ? Avez-vous des regrets ?

D’abord, j’ai de la chance. J’ai de la chance d’écrire, d’être publié, d’avoir des lecteurs et de pouvoir vivre de cette activité. Mais moi, j’ai un problème avec le temps qui passe : j’ai l’impression que je n’aurai pas assez de temps pour écrire tout ce que je veux écrire. Le jour où je fermerai les yeux pour la dernière fois, je crains de me dire « Oh ! J’aurais dû écrire sur ça… Quel con ! Aaaargh… »

« Les flics, les historiens, les journalistes et tous ceux qui écrivent l’histoire officielle retiendront que le 11 juillet 1995 la folie algérienne a traversé ‘‘la mer blanche du milieu’’ », écrivez-vous dans La Guerre est une ruse (p. 342). Quelle est le rôle de l’écrivain ?

De rétablir la vérité, de dire ce qui ne se dit pas, de faire réfléchir et/ou rêver les lecteurs. Et puis de donner envie de lire, de se cultiver, de douter, à une époque où ces choses ne sont plus des valeurs très prisées.

À l’heure où les fausses informations et autres théories complotistes en tous genres n’ont jamais autant circulé sur le Net, où une conseillère du 45ème président des États-Unis d’Amérique parle de « faits alternatifs » (alternative facts), la fiction historique n’est-elle pas un parti pris risqué ?

Moi, je m’appuie sur des faits réels pour créer ma fiction. Donc je navigue en permanence entre réalité et fiction. Peut-être que je suis un cas particulier dans le roman – pas le seul mais pas le plus fréquent. La fiction doit exister parce qu’elle peut expliquer la réalité – et même la fiction qui n’a pas d’ambition explicative doit exister. La fiction, c’est l’imagination, c’est la possibilité de vivre mieux. La fiction doit exister même à l’heure des fake news. Ou alors, ça serait comme refuser à la peinture d’exister parce que Photoshop peut trafiquer n’importe quelle photo.

10

Quelle vision de l’Histoire doit-on lire à travers vos romans ?

Une vision sans doute pessimiste, je dois bien le reconnaître. Je parle des guerres, des génocides, mes héros sont parfois plus corrompus que les criminels. Mais je ne crois pas au grand récit national, aux héros qui sont cités dans les livres d’Histoire. Mes romans donnent une autre version de ce récit national, ma version de l’Histoire.

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte de Thierry Jonquet, paru en 2006, brossait le tableau sans concession d’une ville de banlieue livrée à la délinquance et à la montée de l’intégrisme religieux, la faillite de l’enseignement et de la police et la ghettoïsation. Avec un regard très critique sur la politique, bonimenteuse et lâche, qu’elle soit de droite ou de gauche, l’homme de gauche qu’était Jonquet s’inscrivait à rebours d’un discours teinté d’angélisme. Le livre avait alors suscité une polémique lors de sa parution, certains ayant accusé l’écrivain, ancien militant de Lutte ouvrière et de la Ligue communiste révolutionnaire, de dérive réactionnaire. En 2016, Jean Birnbaum publiait Un silence religieux. La gauche face au djihadisme, un essai dans lequel l’auteur dénonçait l’aveuglement de la gauche face à la montée du djihadisme en France. Quelle est, selon vous, la responsabilité des hommes et des femmes politiques dans la montée des intégrismes religieux ?

11La responsabilité des politiques est importantes évidemment, je ne vais pas entrer dans un name dropping sans fin sur qui a fait quoi. Mais j’ai peu de sympathie pour ceux qui dirigent notre pays depuis… 1972 (avant je n’étais pas là). Mais cette responsabilité est bien souvent partagée avec les citoyens lambda. On ne fait pas la guerre sans soldats, on ne fait pas un génocide à la machette sans des mains pour les tenir. Là, on est dans des situations particulièrement critiques. Mais refuser de lire, de s’instruire, préférer regarder la télévision ou se perdre toute la journée dans les réseaux sociaux, au prétexte que le monde est trop compliqué, dans la vraie vie, c’est déjà faire acte de complicité. Vous parlez d’intégrisme religieux mais tout intégrisme qui apparaît bénéficie d’une forme de lâcheté ou d’un refus de voir, au début.

Croyez-vous au concept d’engagement politique en littérature ? Pensez-vous qu’un écrivain peut avoir une certaine influence dans l’opinion publique ?

12Oui, je considère que la littérature peut être (encore) engagée. Moi, j’écris pour transmettre des idées. C’est peut-être l’avantage du roman noir de pouvoir être un genre littéraire armé, engagé. L’influence de l’écrivain sur l’opinion publique est peut-être moins évidente qu’il y a quelques décennies. L’expertise d’un Cyril Hanouna ou d’un Paul Pogba sur le djihadisme aura peut-être plus d’audience que celle d’un Frédéric Paulin, c’est de l’ordre du possible. Mais je n’ai jamais su tirer dans un ballon ou faire rire en glissant des nouilles dans le slip de mon voisin. Donc je continue à écrire.


Entretien réalisé par courrier électronique en avril 2019. Propos recueillis par Guillaume Richez. Portrait de l’auteur © Julien Mignot.

[1] http://leblogdupolar.blogspot.com

[2] http://www.editions-goater.org

[3] https://www.lamanufacturedelivres.com


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